Pistolet automatique RUBY EIBAR de marque espagnole, calibre 7,65 mm, inscriptions sur le côté du canon donnant la provenance : " Juan ESPERANZA Y Pedro UNCETA - GUERNICA (ESPANA) CAL 7.65, Pistola Automatica Patentada ASTRA Modelo 1915 " Lettres " FEU " inscrites près de la sécurité. Stries de glissière courbes. Capacité du chargeur 9 cartouches (chargeur absent, jeté dans le Rhône par la donatrice). Les plaquettes de poignée sont en bois quadrillé.
Pendant la Grande guerre, ce genre d'arme de poing a été utilisé par ce que l'on a appelé les "nettoyeurs de tranchées", mais également par tous les militaires nécessitant d'un armement léger. A nouveau, il est distribué aux troupes françaises pendant la campagne de France de Mai 1940.
Le pistolet RUBY est très apprécié des Résistants du fait qu'il est facilement dissimulable.
Ce pistolet appartenait à l'époux de la donatrice, Raymond Mazeau, décédé le 30 décembre 1995. Réfractaire au STO, il gagne le maquis en 1943 en Corrèze. Il y reste jusqu'à ce qu'il soit engagé dans l'Armée secrète. Le voici début 44 dans l'armée de Lattre, les 9e zouaves. Il est formé comme démineur. Son régiment part vers Colmar, passe le Rhin vers Karlsruhe. Là, il apprend la mort tragique de son frère, qui fut blessé aux jambes puis achevé d'une balle dans la tête le 6 avril 1945.
Cette arme, d'après sa veuve, aurait été récupérée avec d'autres sur un Allemand mort dans cette région ou vers Baden-Baden, comme un trophée, " par vengeance " pour reprendre les dires de Raymond Mazeau rapportés par sa veuve