SILVA José et Francine

Cote : Ar. 1925

Mots-clés libres : Volontaires étrangers, Trousses à couture

Ajouter aux favoris

placeholder

Ce fonds concerne l'oncle et la tante de Mme. Keraghel, José et Francine Silva, domiciliés cours Charlemagne à Lyon (2e arr.) pendant la guerre. Père de deux enfants qu'il a eus d'un premier mariage, José est installé en France depuis 1917 et a gardé la nationalité portugaise. Après un séjour au camp de Barcarès (Pyrénées orientales) où est basé le 3e régiment de marche des volontaires étrangers dans lequel il s'est engagé, de décembre 1939 à mai 1940, il part pour le front où il est fait prisonnier. Il est alors envoyé au stalag VII A (Moosburg, Allemagne).

Lettres de Francine, adressées depuis Lyon à José, avec leur enveloppe

Lettres adressées au camp de Barcarès, tantôt manuscrites, tantôt dactylographiées.

Année 1939

  • 20 décembre 1939 : elle parle de leur fraîche séparation depuis son départ pour " ce coin perdu " qu'est le camp de Barcarès, du froid intense qui s'abat sur Lyon, lui souhaite un bon Noël
  • 25 décembre 1939 : elle a une proposition de travail, fait allusion à des chaussettes qu'elle lui tricote, aux gens qu'elle rencontre
  • 28 décembre : elle lui adresse une carte de bonne année
Année 1940
  • 12 janvier : elle a reçu le certificat de présence au corps qui lui permet d'entreprendre diverses démarches administratives
  • 17 janvier : elle évoque ses problèmes financiers depuis le départ de son mari
  • 19 janvier : : elle prépare un colis pour son anniversaire, se dit peu confiante qu'il ait une permission dans l'immédiat, envisage de faire une demande d'emploi comme dactylo ou simple ouvrière au Fil dynamo ainsi qu'aux Câbles de Lyon
  • 25 janvier : elle détaille le contenu du colis envoyé
  • 27 janvier : elle donne des nouvelles de la famille, de ses démarches administratives, évoque un questionnaire rempli pour une demande d'emploi à l'Arsenal, une séance de cinéma
  • 30 janvier : elle parle d'un mandat de 20 francs envoyé, de ses démarches pour obtenir des certificats de vie pour les enfants de José, de l'attente d'une convocation pour un examen à passer en vue d'un emploi à l'Arsenal. La lettre est accompagnée d'un calendrier de l'année des établissements Brissaud de Lyon
  • 31 janvier : il est question d'un récépissé d'engagement pour la demande de naturalisation de José
  • 6 février : elle est heureuse qu'il soit sorti de l'infirmerie
  • 7 février : sont évoqués les obstacles administratifs pour obtenir la naturalisation, des allocations militaires perçues mais il lui semble qu'elle a touché moins que ce à quoi elle aurait droit, un colis en partance avec détails sur son contenu, un examen passé pour une embauche à l'Arsenal
  • 9 février : il est question de l'envoi d'un colis gratuit dont elle énumère le contenu, d'allocations militaires perçues, selon elle incomplètes et de la réclamation qu'elle a entamée
  • 15 février : elle fait part d'un mandat de 50 francs adressé à son mari ce jour, une somme émanant des services administratifs de la 14e région militaire
  • 16 février : elle a reçu une convocation de la Préfecture pour le dossier de naturalisation, dossier toujours en suspens du fait de l'absence d'un certificat de présence au corps valide
  • 17 février : elle lui réclame un certificat de présence au corps et de lui renvoyer la demande [de naturalisation] jointe à son courrier signée
  • 19 février : elle lui écrit de son travail, parle du départ imminent de Louise de l'hôpital, d'un mandat de 50 francs qu'elle lui a adressé, du bruit qui court d'une suppression de l'allocation militaire
  • 21 février : elle fait part de ses horaires de travail, d'un formulaire de demande de naturalisation à lui retourner complété, d'une recherche d'appartement plus spacieux en vue de son retour, de son souhait de continuer à travailler après le retour de José
  • 24 février : elle poursuit les démarches pour faire aboutir la demande de naturalisation de José
  • 26 février : elle est en attente d'une convocation à la Préfecture pour la demande de naturalisation. L'enveloppe comprend le coupon d'un mandat de 50 francs daté du 15 février
  • 29 février : il est question d'une demande de permission et d'une piqûre administrée à son mari dont il a du mal à se remettre
  • 5 mars : elle l'informe qu'elle percevra les allocations militaires du mois de février dans deux jours - 7 mars : elle rappelle la nécessité pour elle d'être en possession d'un certificat de présence au corps pour bénéficier d'allocations militaires
  • 9 mars : il est question d'un changement de régiment de José, de l'énergie dépensée pour une naturalisation de José toujours pas abouties ce qui la met en colère, de démarches entreprises pour que les enfants de son mari soient inscrits sur son livret militaire
  • 11 mars : la naturalisation se fait attendre
  • 12 mars : elle lui envoie une carte postale en couleur au message pré-inscrit "Je veux te retrouver"
  • 17 mars : il est question d'une permission
Lettres manuscrites de José dans leur enveloppe, adressées à Francine depuis la France

Année 1939
  • 17 décembre : il est arrivé à bon port au camp de Barcarès, où il a dormi sur la paille et fait une première rencontre avec les puces
  • 18 décembre : un billet est glissé dans l'enveloppe avec son adresse au camp de Barcarès
Année 1940
  • 25 février : il a bien reçu le certificat de résidence, son régiment change de numéro : de 2e il devient 22e
  • 18 mars : par télégramme il lui demande la date de son arrivée (à Perpignan ?) et de lui apporter le " certificat "
  • 19 mars : il confirme lui avoir adressé deux certificats de présence, parle d'une permission pour Pâques
  • 20 mars : il lui annonce son départ en permission le 22 mars
  • 5 avril : il lui parle d'une carte adressée depuis Perpignan, de puces sur sa paillasse, du plaisir qu'il a eu de la voir lors de sa permission et de la tristesse du retour au camp de Barcarès. Il écrit aussi que les permissions sont désormais supprimées pour quelques mois du fait de grandes manuvres à venir
  • 8 avril : il évoque le nouvel équipement qui vient de leur être attribué, une marche de 30 km lever à 3 heures du matin pour le tester, un départ imminent, encore. Il fait allusion à la visite faite à Francine par son ex-femme " la Victorine ", qu'il juge désobligeante
  • 12 avril : il la rassure sur le manque de nouvelles dont elle se plaint, lui annonce son départ pour le camp du Larzac (Aveyron) le 17 pour des manuvres
  • 14 avril : il évoque l'inhospitalité du Larzac dont tout le monde lui parle, de leur départ proche à pied d'abord jusqu'à Perpignan ou Rivesaltes, puis en train jusqu'au plateau. Il écrit que cette fois la " vraie guerre commence "
  • 18 avril : le départ pour le Larzac n'est toujours pas concrétisé, il devrait se faire ce jour
  • 21 avril : la lettre est envoyée du Larzac, où il se trouve depuis trois jours. Ils y sont pour une vingtaine de jours, le rythme est soutenu sans répit entre exercices et corvées
  • 24 avril : il fait part de ses besoins pour un prochain colis, réclame un mandat en urgence
  • 25 avril : il écrit du Larzac où il ne " fait rien d'utile " du fait de la pluie incessante, parle de l'éventualité d'une permission en juin
  • 27 avril : toujours au Larzac où il a bien reçu lettre et colis. Il lui recommande de ne pas envoyer de denrées périssables et annonce un retour au camp de Barcarès normalement le 30 avril
  • 28 avril : le départ du Larzac pour Barcarès est imminent, ils ont eu à cette occasion un " repas princier " dont il donne le détail
  • 1er mai : il vient juste de quitter le Larzac, le voici de retour au camp de Barcarès après une marche sous une pluie battante puis un voyage en wagon à bestiaux, avant une ultime marche. Il se sent épuisé. Il est question d'un départ imminent sur le front, des bruits courent que son régiment pourrait rejoindre Châlons-sur-Marne, Reims ou les Ardennes. Il évoque un besoin d'argent pressant
  • 4 mai : il la remercie pour les brins de muguet et le mandat de 100 francs qu'elle lui a adressés. Il se trouve à nouveau au Larzac pour des manuvres et parle d'un départ imminent pour une destination inconnue, nécessitant quatre jours de voyage. Du coup, la permission attendue serait différée peut-être à juin
  • 5 mai : il accuse réception des deux mandats de 100 et 50 francs
  • 8 mai : il est parti de Rivesaltes le lundi 6 mai et arrivé à destination (sans qu'on sache laquelle) après un voyage épuisant. Il explique qu'il lui est interdit de donner des précisions sur le lieu de son campement mais indique toutefois qu'il se trouve dans le Haut-Rhin, où il campe dans les fermes. Il indique que son train a stationné un quart d'heure en gare des Brotteaux, mais qu'il l'a su trop tard pour la prévenir
  • 10 mai : le voici dans le Haut-Rhin depuis trois jours, où pour l'instant il se repose. Il a entendu dire que Lyon a été bombardé ce jour, parle de l'attaque allemande sur la Belgique, le Luxembourg et la Hollande, dit qu'il garde toutefois le moral
  • 11 mai : la mention du lieu sur la lettre a été occultée par la censure militaire, il dit qu'il se trouve non loin de Mulhouse, qu'il est en partance pour le front et qu'une permission n'est désormais pas envisageable. Il la remercie des deux lettres tout juste reçues
  • 13 mai : il écrit qu'il est en instance de départ, de sorte qu'il dort tout habillé dans la paille, lui recommande de bien suivre les conseils de la Défense passive en cas d'alerte
  • 16 mai : il se plaint de la fatigue que lui procurent les travaux de terrassement qu'on lui fait faire
  • 20 août : cette lettre est confiée à un camarade en partance pour la France, car le voici prisonnier. Il se plaint de l'interdiction qui leur est faite d'écrire, de la nourriture infecte, de dysenterie, réclame un colis, se plaint aussi d'être " malmené " en temps qu'étranger
Lettres de José rédigées au crayon à papier, adressées à Francine depuis le stalag VII A (Moosburg, Allemagne) sur des cartes lettres ou courrier normalisé pour les prisonniers de guerre

Année 1944
  • 28 mai, lettre envoyée depuis Kreising (Bavière) : il la sent en détresse et la rassure
  • Carte-correspondance du 12 juin : il a bien reçu son colis, se trouve à [l'hôpital de] Kreising pour pas très longtemps encore, lui conseille de rester en sécurité à Chaponnay
  • 18 juin : la lettre porte la mention manuscrite " faire suivre maison de repos de femmes de prisonniers de Civrieux-d'Azergues ". Il se plaint de douleurs à l'estomac et de rhumatismes articulaires, il récupère à l'hôpital de Freising
  • 16 juillet, lettre envoyée depuis Neufahrn-bei-Freising : il est sorti de l'hôpital malgré des douleurs rhumatismales persistantes et reprend le travail le lendemain, la remercie de ses lettres et colis [une partie du message est censurée] - 23 juillet [carte lettre, une partie du message est censurée]
  • 7 août : lettre écrite depuis l'hôpital de Freising où il est revenu. Il parle de son ex-épouse qui profite mieux qu'elle de sa captivité, mais pour la bonne cause puisque les subsides qu'elle reçoit vont à ses enfants
  • 14 août, la carte lettre est adressée depuis Freising, d'où il devrait vite sortir
  • 21 août : le courrier a du retard, il a reçu d'un coup trois lettres datées du mois de juillet
  • 13 septembre : la carte lettre est adressée depuis Neufahrn-bei-Freising, il est inquiet d'être sans nouvelles
  • 1er octobre : le manque de nouvelles l'inquiète au plus haut point, un colis du 20 juillet vient seulement de lui parvenir, il est revenu au kommando 2274. Il mentionne qu'il se lève à quatre heures du matin pour rentrer parfois entre 10 et 11 heures du soir, les alertes sont fréquentes
  • 30 octobre : le courrier à partir de cette date transite par la Grande-Bretagne. Il vient de recevoir une série de six lettres, lui dit combien il est heureux d'avoir reçu une photo d'elle
  • 5 novembre : il se plaint que les colis n'arrivent plus dans une carte lettre
  • 15 novembre : une partie du message est censurée, il vient de recevoir sa lettre du 18 août et les trois photos qui l'accompagnaient, évoque les mandats qu'il lui a envoyés
  • 21 novembre : la carte lettre est passée par la censure, le message est effacé juste avant la phrase " nous travaillons beaucoup ces temps-ci "
  • 3 décembre : le manque de nouvelles le désoriente d'autant qu'il a été habitué à en recevoir régulièrement, l'absence de l'être cher lui pèse trop
  • 11 décembre : dans une carte lettre il lui annonce qu'il vient de recevoir sa lettre du 17 septembre
  • 25 décembre : il parle de colis de la Croix-Rouge américaine pour Noël, de trois jours de congés qui leur ont été attribués, d'un réveillon sans entrain
Collections
  • Coffret en bois ajouré confectionné pour sa femme au stalag, comprenant un miroir à l'intérieur du couvercle. Hauteur : 11 cm, largeur : 28 cm. Porte sur le couvercle la mention : "de ma captivité à ma chère femme, décembre 1943, J. N. Silva" [l'un des pieds est cassé, le socle du coffret s'est décollé]
  • Trousse à couture en toile kaki comprenant des aiguilles, du fil noir et du fil blanc, deux dés à coudre et un mètre
Papiers administratifs, divers correspondance, photographie
  • Notification de rendez-vous pour une visite médicale au bureau de recrutement de Lyon place Carnot le 11 septembre 1939, suite à la demande d'engagement pour la durée de la guerre de José Silva
  • Avis de convocation du centre départemental d'engagement de Lyon au nom de Nascimento Silva pour le 14 décembre 1939
  • Lettre du directeur de l'Atelier de construction de Lyon à Francine Silva l'invitant à rechercher un emploi, son contrat étant désormais résiliable, 27 septembre 1940
  • Lettres à l'en-tête de la Maison du prisonnier du Rhône-Service médico-social de la Croix-Rouge française adressées à Francine évoquant son séjour à l'hôpital de Grange-Blanche et l'aide que l'on pourrait lui apporter pour qu'elle ne se sente pas trop seule, 30 juin et 13 juillet 1943
  • Lettre à l'en-tête de la Légion française des combattants adressée à Francine l'informant d'une prise en charge pour se rendre le 31 juillet [en convalescence] à Saint-Nectaire (Puy-de-Dôme), 15 juillet 1943
  • Lettre à l'en-tête de la Délégation de Lyon du Secours national-Section " Famille du prisonnier " adressée à Francine l'informant de deux colis partis, 24 juillet 1943
  • Lettre du directeur général de la Légion française des combattants au chef de l'Union départementale du Rhône relative à la demande de naturalisation de Joseph Silva, 10 août 1943
  • Acte de naturalisation au nom de Joseph Silva établi par le Ministère de la Justice le 12 octobre 1943 [copie certifiée conforme à Lyon le 1er décembre 1943]
  • Lettre à l'en-tête de la Délégation de Lyon du Secours national-Section " Famille du prisonnier " adressée à Francine, prenant acte du fait qu'elle ait été remboursée d'une somme de 650 francs, 3 décembre 1943 ; autre lettre du 15 décembre 1943 lui donnant le nom d'une personne à contacter à la Maison du prisonnier qui se fera l'intermédiaire pour des papiers à transmettre à son mari
  • Lettre du Comité international de la Croix-Rouge l'informant qu'à sa demande, une enquête est ouverte auprès du médecin-chef du stalag 383 pour avoir des renseignements sur le soldat Silva, 19 janvier 1944 ; une lettre du 26 janvier 1944, émanant de la Maison du prisonnier du Rhône lui confirme l'ouverture de cette enquête ; une autre, du 23 mai 1944, lui fournit les résultats de cette enquête : le prisonnier est en parfaite santé
  • Lettres à José et à Francine de la fabrique d'outils G. Spaëni où José est ajusteur-outilleur, accompagnant l'envoi de mandats ou prenant simplement des nouvelles, 18 février 1940 ; 28 août et 30 septembre 1942 ; 7 avril et 3 juillet 1944 [dans l'une il est question de réquisition des meilleurs ouvriers de l'entreprise par les Allemands]
  • Fiche d'information des Amitiés africaines de Lyon sur les différents coûts des colis de Noël avec détail de leur contenu
  • Attestation de non démobilisation du fait d'une convalescence à Chaponnay (Isère) et de non reprise du travail, 28 juin 1945
  • Carte de membre actif de l'association des anciens Engagés volontaires étrangers de Lyon, 21 octobre 1945 [avec une photo d'identité de Joseph (dit José) Silva]
  • Courrier type de l'Association des Prisonniers de guerre du département du Rhône (siège : Maison du Prisonnier et du Déporté, 29 rue Neuve, Lyon) leur souhaitant la bienvenue et mentionnant les permanences par arrondissements
  • Convocation adressée par l'Amicale des stalags VII A et B à Francine, date illisible
  • Photo de groupe où figure José Silva, prise lors d'un repas des anciens prisonniers, non datée, 12 x 18 cm
Plaquettes, brochures
  • Nos prisonniers, Editions du Cerf / Editions du Temps présent, [1942], 32 p.
  • Nos prisonniers : leurs droits et ceux de leurs familles, Editions du Cerf / Editions du Temps présent, novembre 1942, 16 p.
  • Bulletin de l'association des prisonniers de guerre du département du Rhône, n° 3, février 1945

Voir +